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La 1re L à l’Opéra de Paris : Cendrillon

mardi 5 février 2019, par Mme Chagnon

La classe de première L bénéficie d’un parcours d’éducation artistique et culturelle axé sur le bonheur dans les arts.
A cette occasion, les élèves suivent un parcours d’amateur d’art exceptionnel : ils sont ainsi allés voir le 30 novembre 2018 un ballet à l’Opéra de Paris, Cendrillon, dans la chorégraphie de Noureev. Le personnage de Cendrillon voit ses rêves s’accomplir dans le milieu du cinéma hollywoodien, ce qui a permis l’étude du conte et un questionnement sur le choix de Noureev de transposer l’intrigue à Hollywood. Voir le lien : https://www.operadeparis.fr/saison-18-19/ballet/cendrillon

En lien avec les objets d’étude du bac français, les élèves rédigent des articles critiques sur le ballet et les autres activités culturelles.


Cendrillon à l’Opéra Bastille

par Charlotte, Ilia, Elisa et Lorena

Le vendredi 30 novembre 2018, les élèves de la classe de 1ère Littéraire, accompagnés de professeurs, ont eu l’occasion de se rendre à l’Opéra Bastille pour assister à la représentation du ballet Cendrillon. Ce ballet est une adaptation de la réécriture du conte par Rudolph Noureev en 1986. Noureev décide de transposer l’histoire de Cendrillon dans un univers plus moderne qui parle à toutes les générations confondues : la citrouille traditionnelle de Cendrillon devient ainsi une voiture. Pour réussir à moderniser et à transposer son ballet, Noureev décide de placer sa chorégraphie sur la composition musicale de Prokofiev de 1945. Celle-ci va permettre à cette adaptation de Cendrillon de se trouver dans le patrimoine du ballet.
Noureev nous a permis de voyager dans le temps grâce à son ballet, dans différents endroits mais principalement dans différentes époques inconnues des plus jeunes membres du public : les années 1920, les années 1930. Cela permet à Noureev de proposer un festival de moments chorégraphiques variés, en lien avec le cinéma de l’époque ou de créer des mises en scène peu associées aux ballets de danse classique ordinaires.
Cendrillon devient une star de cinéma Hollywoodien et, à l’occasion de cette transposition, Noureev décide de mêler des techniques toutes différentes les unes des autres : la danseuse principale doit connaître alors la danse sur pointes tout autant que les claquettes ou même encore des danses latines et des danses de salon.
Ce ballet fut un émerveillement de couleurs, comme une symphonie des sens, nous rappelant l’histoire féérique de Cendrillon.

Danseurs et personnages

Par Danaé, Sido Doris et Mya

Dans le ballet Cendrillon de Noureev, les personnages célèbres du conte sont incarnés par de grands danseurs au talent reconnu. Ces danseurs étoiles, Dorothée Gilbert et Hugo Marchand, brillent par leurs prouesses techniques et leur grâce.
Parmi les danseurs, on compte un nombre important d’hommes. Le danseur masculin est ainsi mis en valeur comme l’a voulu Noureev, grand chorégraphe, tout au long de sa carrière.
La multitude de danseurs permet des tableaux esthétiques de groupe. L’attitude des danseurs souligne le registre auquel appartiennent les personnages : par exemple, les deux sœurs Javotte et Anastasie sont interprétées de façon à faire rire le spectateur. En effet, les danseuses font semblant de ne pas savoir danser, se chamaillent et font tout pour attirer l’attention du prince, ce qui accentue leur dimension ridicule. A l’inverse, Cendrillon et le prince dansent de façon à émouvoir le spectateur, à travers leur rencontre amoureuse et leur danse en duo.
On constate une grande expressivité dans leurs mouvements et on ressent leurs émotions même sans réellement voir leur visages.

Les costumes des personnages principaux

par Ariane, Luna, Eloi et Mathilde

Dans cette adaptation du célèbre conte de Perrault, Cendrillon, mis en musique par Prokofiev et mis en scène par Rudolf Noureev, les personnages du ballet évoluent dans plusieurs décors transposés dans l’univers Hollywoodien des années 1930, où Cendrillon se rêve star du grand écran et le devient par l’intervention miraculeuse d’un producteur de cinéma devenu sa bonne fée. Là, tout n’est que cinéma, rêve et monde de paillettes !
Anastasie porte une jupe rose à frou-frou ainsi qu’un corset relevé de rose, puis dans la scène de bal une robe rose de soirée. Javotte est habillée de la même manière mais son costume est bleu turquoise, et toutes les deux ont des couettes avec un nœud dans leurs couleurs respectives et qui symbolisent leur immaturité.
Elles sont sœurs, se chamaillent beaucoup et sont rivales, notamment quand elles essaient de séduire le prince. Cependant elles sont alliées quand il s’agit de martyriser Cendrillon avec leur mère, qui attise également leur jalousie envers elle.
La marâtre est habillée d’une robe sombre, d’une écharpe en fourrure et d’un chapeau noir orné de plumes, à la différence de cendrillon qui est habillée en pauvre servante. Par exemple, lorsque la mère offre à ses filles des robes de bal, il n’y en a aucune pour Cendrillon, ce qui lui fait bien comprendre qu’elle n’y sera pas conviée. De plus, les deux sœurs s’amusent d’elle lors d’une scène avec leurs robes, en se battant et dansant avec des mouvements de danse, saccadés et maladroits.
Cendrillon, au début de l’adaptation, est vêtue d’une simple robe grise, d’un tablier et d’un fichu recouvrant ses cheveux, qui montrent sa pauvre condition. L’héroïne se rêve en personnage hollywoodien et devient brusquement Charlie Chaplin, héros du cinéma muet des années 1930. La danseuse de ballet réalise alors une véritable performance en passant du classique aux claquettes. Lors de la scène du bal, cendrillon rencontre sa marraine la fée, ici devenue un grand producteur de cinéma, qui lui remet sa robe blanche étincelante, pailletée d’héroïne hollywoodienne, accompagnée de son prince charmant également vêtu de blanc.

Quelques aspects comiques

par Jean-Baptiste, Samuel et Marguerite

Lors de la représentation du ballet Cendrillon, nous avons particulièrement apprécié la danse ainsi que les décors. Ce qui nous a beaucoup plu est l’originalité de la transformation de la citrouille en voiture. En effet, la citrouille est gonflable et en se dépliant et en se regonflant, elle se transforme en voiture. Nous avons aussi aimé la représentation de la prison lors du tournage du film. Un prisonnier, enfermé dans une prison, arrive à s’en échapper et à y enfermer les policiers à leur tour. Cette course poursuite est chorégraphiée de façon comique.

La scène du bal : Cendrillon dans toute sa splendeur

par Eva, Annne-Lyse, Yasmine, Joanne et Léopoldine

Avant que Cendrillon arrive au bal, le prince danse avec Javotte et Anastasie. On voit Cendrillon dans le haut du décor, son ombre se déplace délicatement. On aperçoit parfaitement bien les contours de son visage et de son corps. Cela dit, elle n’est pas facile à remarquer puisque toute notre attention est focalisée sur la danse du prince avec les demi-sœurs. Il est du reste, intéressant de se détacher de l’action principale pour voir ce genre de détails. On la voit se déplacer lentement vers le haut de l’escalier. Son ombre parait lointaine, mais soudain, elle apparait dans sa robe de bal en haut de cet escalier aussi beau qu’imposant. Le prince la remarque instantanément.
Elle descend lentement l’escalier quand une horde de paparazzi se précipite sur elle, appareils photo aux flashes bruyants et éblouissants. Cette scène met en valeur la modernité de l’histoire traditionnelle et un aspect magique parallèlement.
Si le regard des spectateurs est attiré par la belle Cendrillon dans sa robe resplendissante s’inspirant du style des années trente lorsqu’elle fait son entrée dans le bal, le prince lui, avec sa grâce, son élégance inégalable, fait également un effet puissant. Son costume, pourtant semblable à celui des autres danseurs, met en valeur ses pas de danse, purement époustouflants. S’il y a bien une chose que l’on retient de sa danse, même après celle de cendrillon, c’est qu’il ne laisse personne indifférent.
Mais que serait la robe de Cendrillon sans les pantoufles ? Ornées de beaux diamants, on les voit briller et scintiller au même rythme que les pas de Cendrillon. Contrairement au conte initial elles ne sont pas en vair mais elles restent tout de même merveilleuses. La robe et les chaussures de notre belle princesse, bien que le conte soit revisité, continuent néanmoins à faire rêver toutes les petites filles.
Ce ballet, aussi contemporain soit-il, nous fait revivre le conte de Cendrillon avec toute sa beauté et sa magie à travers de somptueux costumes et décors fait respectivement par Hanae MORI et Petrika IONESCO.

Nos conclusions

par Merlin, Aurore et Tiphaine

L’histoire du ballet est presque identique à celle du conte de Perrault. Cendrillon vit avec ses deux méchantes demi-sœurs ainsi que sa belle-mère et son père. Dans cette version, le père de Cendrillon n’est pas décédé, cependant, il est alcoolique. Les deux demi-sœurs ne désirent pas aller au bal rencontrer un prince, mais jouer dans un film. Cendrillon, elle, en rêve secrètement. La bonne fée est remplacée par un metteur en scène qui lui donne le droit de réaliser son rêve de cinéma jusqu’à minuit. La citrouille ne se transforme pas en carrosse cette fois-ci mais en voiture. Le prince est aussi remplacé par une vedette de cinéma, qu’elle réussira à charmer, comme dans le conte original. Lorsque minuit sonne, Cendrillon s’enfuit, laissant non pas une pantoufle de vair mais un chausson de danse. Tout comme dans le conte, la force de l’amour brise les barrières sociales. Le prince réussit à la retrouver après beaucoup de recherches, puis "ils vécurent heureux".
Le but de la réécriture n’était pas de déformer complètement l’histoire originale mais de la transposer dans un nouvel univers qui est celui du cinéma et dans une autre époque, celle des années 1930. En effet, le cinéma reste une « usine à rêves » tout comme les contes de fées et nombreux sont les gens qui rêvent d’accomplir le rêve hollywoodien. Ce ballet est donc un hommage à l’innocence puisque Cendrillon oublie ses problèmes familiaux pour se réfugier dans le cinéma mais c’est aussi un hommage à tous les chefs-d’œuvre cinématographiques de l’époque comme King Kong ou encore les films de Charlie Chaplin. De ce fait, nous redécouvrons l’histoire de Cendrillon dans un tout autre cadre même si le fond de l’histoire reste le même. L’idée de la réécriture était peut-être de surprendre les spectateurs puisque si tout le monde connait l’histoire, il est inutile de raconter toujours la même. La réécriture montre également que même les grands classiques peuvent être transfigurés de manière à dévoiler une histoire singulière.
Toute notre classe semble avoir aimé cette sortie au ballet de l’opéra Bastille, d’une part parce que nous n’allons que très peu souvent voir des ballets (pour certains ce fut la première fois), d’autre part parce que c’est une grande chance d’assister gratuitement à un ballet écrit et chorégraphié par l’un des plus grands danseurs étoiles, et composé par le grand musicien Prokofiev.
De plus, c’est une histoire que tout le monde connait et donc tout le monde peut se sentir concerné après avoir entendu l’histoire et vu le dessin animé de Disney dans son enfance. La réécriture est très intéressante par le choix de l’univers du cinéma et donc par les allusions à Charlie Chaplin et au grandiose King Kong mécanique. Cependant certains éléments ou passages du ballet nous ont laissés perplexes, comme le personnage maladroit au début qui arrive après le père ; la scène du prisonnier ; les passages de danseurs multicolores ou encore la balle rouge que se disputent Javotte, Anastasie et Cendrillon. Peut-être représentait-elle le prince ? Certaines questions demeurent sans réponse.
Le fait que l’histoire soit modifiée a déçu certains pendant quelques passages. Par exemple la transformation de la citrouille en limousine est rapide contrairement à celle de l’histoire originale. Le prince ne fait pas essayer la pantoufle à Cendrillon pour s’assurer qu’elle lui appartient. Était-ce un oubli ou était-ce réfléchi ?
Pour conclure, nous avons malgré tout trouvé ce ballet incroyable grâce au talent des danseurs, avec le numéro de claquettes, le solo du prince, le jeu des sœurs quand elles feignent de ne pas savoir danser, les maîtres du temps, mais aussi grâce à tout cet univers burlesque et enfin cette musique qui, rappelons-le, est primordiale dans un ballet. Nous sommes passés par de nombreuses émotions lors de la représentation.


Le projet d’éducation artistique et culturelle comprend également :
- Initiation à l’art contemporain avec le Fond régional d’art contemporain
- Rencontre avec un auteur “ Ami littéraire ” (Gaëlle Josse) sur les thèmes de l’engagement dans l’art et du bonheur accessible par l’art
- Atelier de pratique théâtrale, avec présentation aux classes participantes.