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Poésie. Ecritures d’invention 2de4

vendredi 12 mai 2017, par Mme Chagnon

Voici des poèmes rédigés lors du cours de français de M. Biotteau, par les élèves de 2de4, dans le cadre d’un travail de recherche au Centre de Documentation sur les liens entre littérature et peinture à l’intérieur d’un même mouvement artistique, essentiellement du romantisme au surréalisme.
Ce travail a permis :
- une approche historique et culturelle d’une œuvre d’art
- une confrontation de cette œuvre avec un poème issu du même mouvement
- une écriture d’invention

Raphael, La Madone au chardonneret

La Vierge assise près des cieux

Elle, la Vierge assise près des cieux
Demoiselle aux seize années d’été
Belle, aux yeux sombres où l’on voit du bleu
Étincelle, ses cheveux roux, dorés
Soutanelle, drapée de couleurs fanées
Maternelle, ombrageant ses chérubins
Tourterelle, ou oiseau martyrisé
Immortelle, être pur aux airs de saint

Amoureux, jusqu’au cœur où elle vivait
Curieux vice qui me liait à elle
Fiévreux, fauché par la passion d’Orphée
Chanceux d’attirer ses yeux solennels
Prétentieux, j’étais de la croire mienne
Envieux de ces fats imbibés d’eux-mêmes
Malheureux je suis, l’aimant avec peine
Tristes mes poèmes pour celle que j’aime

Martin, Louise, Lucie


Raphael, La Dame à la licorne

Sonnet à l’Ange Rose

L’océan du ciel dessale nos yeux ;
Descends sur sol, cascade de lumière,
Sous nos pas forme mousse très légère
Qui s’étend ainsi jusqu’à d’autres cieux.

Mais quand sa main de velours fait "Adieu",
Elle libère de noires poussières,
Reverse sel dans tous les maux soufferts ;
Tard, l’Ange Rose a le regard odieux.

Ainsi quand je vois rayons du soleil
Se refléter en ses miroirs à Elle
Puis sur les miens : âme brûle de joie.

Mais sur les sommets aux neiges éternelles,
Du ciel voisin, glissent teintes vermeilles,
Bientôt ne ressent rien d’autre que froid.

Luca, Thibault, Al


Turner, Coucher de soleil sur Venise

Le fleuve de Venise

Misérable humain par terre étendu,
Pantin du destin, les astres ont prédit,
Fourbus de mélancolie infinie,
Par dessus la brume l’amour perdu.
Le Crépuscule possédant bien des charmes
M’aurait-il dépouillé de mes armes ?

Ô tendre brume habillée de safran,
Aveuglée par les folies du désir
Ravivant les chaleureux souvenirs,
As-tu déjà aimé profondément ?
Cœur assombri de grandes émotions,
Quand reviendrai-je enfin à la passion ?

Mon âme à ta rencontre a chaviré
Tes harmonieuses courbes vaporeuses.
Tel un ange, tu as rempli mes nuits creuses.
Absorbée par la mort, tu m’as quitté.
Le fleuve de Venise t’a volée à moi.
Jamais plus je ne connaîtrai la joie.

Marianne, Thomas, Marine


Fantin Latour, Branche de lys

La fleur de lys

La beauté immaculée naît de la noblesse,
Mélange complexe de pureté et d’or,
Envoûtant chaque esprit de sublimes promesses,
En diffusant son doux parfum à chaque aurore.

Cet éclat céleste transperce les ténèbres,
Belle lumière détruisant l’obscurité,
Belle paix écartant un horizon funèbre,
Elle dissipe l’ignorance et crée la clarté.

L’homme voit la mort donner son prix à la vie,
Le temps s’écoule, comme la fleur fane il fuit,
Laissant croire qu’il reste un espoir d’y survivre.

Déesse irréelle possédant tous les vices
Chef-d’œuvre éphémère, symbole des grands livres,
Reine emblématique, voici la fleur de lys.

Alice, Rachel, Sophie


Courbet, Bord de mer à Palavas

Vaste étendue à l’humeur joueuse et vicieuse,
Tu te plais à charrier les âmes dans tes vagues.
Face à ta puissance infinie, je me sens vague
Et ton horizon sépare la sphère baigneuse.

Ligne si fine, multitude de bleuté,
Ce mariage indu partage mort et vie.
Je salue ton désir, créateur indécis,
Malgré mes vieux tourments, tu me fais exister.

Je traque en toi mon esprit perdu sans boussole.
Sans barrière apparente, tu embrasses les bords,
Berceau de vie aride, cercueil gonflé de mort,
Ô désert liquide, réserve sans parole !

Tes courants sauvages dont je connais les risques,
Cycle éternel, l’histoire fait ton héritage
Où s’écoule le sablier, gardien sans âge,
Tu prends vie et son paysage devient fresque.

Manon, Romain, Océane


Redon, Le corbeau

Corbeau

Cet imposant corbeau assis
Avec son très long bec crochu
Et son regard si noir perdu
Sa silhouette ombreuse noircie
Esprit morne et mystérieux
Passé triste et peu glorieux

Volatile tourné vers les airs
Ce corbeau noir qui se nourrit
Quand le ciel de haine noircit
De noirs viscères et de vers
Vision du monde cruel et flou
Qui ont tous peur de son courroux

Il n’a pas beaucoup de chance
Son monde devient poussière
Qui pointe la fin de son ère
Avec un esprit tourmenté
Avance au milieu des prés
En possédant cette haine
De sa vie en train de finir
Sans tracer le moindre sourire

Matthieu, Jules, Alexandre


Klimt, Le baiser

Les baisers

La cape de constellations
Enveloppe avec passion
Un ardent brasier coloré
Tel un frais bouquet de baisers

La couronne de fleurs ceignant
Sa tête merveilleusement
Formant un mélange harmonieux
De lys et lilas délicieux

Elle est pour moi toute effusion
Mon âme est en adoration
Éveillée à sa frénésie
Ma lueur, mon or, Émilie

Mathilde, Louis, Maya


Magritte, Le rossignol

Poème surréaliste

Le train fend les villageois entraîné par ses ventricules fumants et ses muscles vacillants. Les organes du moteur travaillent sans relâche pour tracter la carcasse de la voiture hurlante sur une mer sans fin. Au dehors, l’aurore couchante, éclairant le regard des morts, est accompagnée d’un nuage égoïste abreuvé par le linge phréatique qui transporte des âmes égarées vers le chemin inverse de l’enfer. Ce nuage accroché aux rochers laisse rêver les pousses de chêne à quelques magies humides. Soudain, la cheminée, comme submergée par sa flegmatie, active le sifflet, annonçant ainsi son entrée par la fenêtre de la gare. Les freins crient, les roues accélèrent, les passagers se préparent à sauter en route. Les bras de la gare câlinent la cargaison dans les pieds du train. Les quais s’endorment, le silence ensommeillé prend le dessus et le train repart vers quelques veilles aventures du passé.

Maxime, Yasmine, Arthur